La pomme de terre vient des Andes, où on la cultive depuis près de 8 000 ans. Les Espagnols la découvrent au XVIe siècle et la rapportent en Europe. Si elle s’est imposée partout, c’est parce qu’elle produit beaucoup, se cuisine de mille façons et a longtemps aidé à nourrir les populations. Sous son air ordinaire, elle cache une biologie surprenante, des besoins de culture précis et un très grand nombre de variétés.

De son nom latin Solanum tuberosum, la pomme de terre fait partie de la famille des Solanacées, comme la tomate. Grâce à ses tubercules, elle pourrait vivre plusieurs années, mais on la cultive comme une plante annuelle. Contrairement à une idée répandue, le tubercule n’est pas une racine : c’est une tige souterraine gonflée de réserves. Ses bourgeons, les « yeux », donnent naissance aux nouvelles plantes.
Au-dessus du sol, les tiges mesurent de 40 à 60 cm et portent des feuilles composées. Selon la variété, les fleurs sont blanches, roses ou violettes. Elles forment parfois de petits fruits verts remplis de graines. Ces graines sont peu utilisées par les cultivateurs, car les plantes qui en sortent sont trop différentes les unes des autres.
On peut la semer, mais ce n’est pas la méthode habituelle. Les plantes issues de graines varient beaucoup : taille, forme, précocité ou goût changent d’un pied à l’autre. En plantant un tubercule, on obtient au contraire une plante identique à la variété de départ, comme un clone. Au potager comme au champ, on compte en moyenne quatre plants par mètre carré.
La pomme de terre pousse bien sous un climat tempéré. Elle aime les terres légères, profondes et bien travaillées. En ameublissant le sol sur une vingtaine de centimètres, on permet aux tubercules de grossir sans se déformer. Dans une terre tassée, ils restent souvent petits, irréguliers ou fendus.
On plante en général entre mars et la fin avril, quand les grosses gelées ne sont plus à craindre. Comptez environ 75 cm entre les rangs et 35 cm entre deux plants. Le tubercule est enterré à 10 cm environ, posé droit, germes vers le haut. Si l’on plante des tubercules déjà germés, la plante sort plus vite de terre et la récolte arrive à peu près deux semaines plus tôt.
Quand les tiges mesurent environ 25 cm, on les butte, c’est-à-dire qu’on ramène de la terre à leur pied. Les tiges tiennent mieux, les tubercules restent à l’abri de la lumière et se développent davantage. Une pomme de terre exposée au jour devient verte : elle accumule alors des substances toxiques et ne doit pas être mangée.
Le moment de la récolte dépend de ce que l’on veut en faire. Les pommes de terre nouvelles, ou primeurs, s’arrachent de 60 à 90 jours après la plantation, selon que la variété est plus ou moins précoce. Leur peau est fine, leur chair humide et leur goût très frais. Il faut les manger rapidement.
Pour des pommes de terre de garde, on attend que le feuillage commence à jaunir et à sécher. On les arrache par temps sec et on les laisse sécher quelques heures sur le sol. On les range ensuite dans un endroit frais, sec, aéré et sombre. À la lumière, elles verdissent ; avec l’humidité, elles pourrissent ; à la chaleur, elles germent plus vite.
Un mètre carré donne souvent entre 2,5 et 5 kg de pommes de terre, selon la variété et les conditions de culture. Cette forte production explique la place qu’elle a prise dans l’histoire. La plante reste cependant fragile face à plusieurs ennemis. Certains virus affaiblissent les plants et réduisent beaucoup la récolte : mieux vaut donc acheter des plants certifiés. Par temps humide, le mildiou peut détruire le feuillage en quelques jours. Le doryphore, reconnaissable à ses rayures jaunes et noires, dévore les feuilles.
En surveillant ses plants régulièrement, on peut réagir à temps. Sur un petit potager, ramasser les insectes à la main reste simple et efficace.